Les Essais de Patrice • Panhard

Panhard Junior 1953 : une vie de famille...

Écrit par

Patrice Vergès (Romancier, journaliste, essayeur, auteur & chroniqueur , Petites Observations Automobiles)

Par Patrice Vergès. Qu'est ce qui peut inciter un jeune passionné de voitures à acquérir une Panhard ? Une marque française d'automobiles qui a disparu en 1967 presque 30 ans avant sa naissance.

Lundi 2 août 2021


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Photo Patrice

Patrice Vergès Petites Observations Automobiles - Romancier, journaliste, essayeur, auteur & chroniqueur

Membre du Gouvernement POA.

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"Mon arrière-arriére-arriére grand-père s'appelait Napoléon Panhard dont le frère René fut le créateur de la marque.  C'est une marque qui intéresse évidemment ma famille. Je n'ai jamais beaucoup apprécié la 24 CT, lui préférant le roadster Junior plus ancien beaucoup plus rare. J'ai mis plus de 2 ans et demi avant d'en dénicher un que nous avons acquis avec ma mère. En plus, son histoire est passionnante" explique Charles.

Produit de 1952 à 1956

La Junior, nom déja utilisé par le constructeur avant guerre, était un petit roadster sportif dérivé de la berline X qui avait vu le jour en 1947. Il était né d'une initiative privée d'un carrossier et de l'espoir de le vendre aux USA, projet qui tourna court. Panhard décida de le produire lui-même dans son usine d'Orléans. Comme la vieille marque française manquait éternellement d'argent, pour diminuer ses frais de construction, sa carrosserie adopta des formes simples à emboutir liées à une finition succincte.

Dévoilé au salon de Paris 1951, ce roadster suscita un bon accueil de la part d'une jeune clientèle sportive d'autant qu'il était proposé à un prix canon inférieur à celui de la berline dont il reprenait le châssis, moteur, suspensions. Le Junior fut produit en petite série de début 1952 à début 1956 à 4700 exemplaires, ce qui en fait une voiture rare, chère et recherchée aujourd'hui des nombreux passionnés par la firme de la porte d'Ivry.  Les Panhard se déterminaient par leur tempérament sportif dû à leur excellente tenue de route de traction avant et la puissance élevée de leur petit moteur flat-twin refroidi par air qui entre 1947 et 1952 grimpa successivement de 610 cm3, 750 cm3 et enfin 851 cm3. C'est ce dernier qui se cache sous le capot de la Junior X87 de Charles sortie début 1953 reconnaissable à sa calandre type turbine empruntée à la berline X.

Collée au sol

Au cours de sa vie, la Junior évolua légèrement vers un meilleur confort. Celui-ci est de type roadster plus spartiate (770 exemplaires produits). Il n'y a pas de poignées de portes extérieures et qu'il faut glisser sa main à l'intérieur de la porte dite" suicide" pour l'ouvrir et évidemment pas de glaces latérale mais avec des panneaux souples. La capote est simplement posée et tenue par des sangles sur la partie arrière dépourvue de couvercle de malle tandis que le chauffage brille par son absence mais pas les courants d'air. La banquette avant est encore fixe l'interdisant aux plus de 1,80 m dont la tête touchera la capote relevée avec une visibilité médiocre. Bâti sur le châssis étiré dans le sens de la largeur de la berline pour offrir 3 places dès mai 1953, le roadster était bien plus large et surtout beaucoup plus bas (1,10 m) mais pas plus léger (650 kilos) car sa carrosserie ne faisait pas appel à l'aluminium.

La principale qualité de la Junior était son véritable tempérament sportif. Sa tenue de route de traction avant était excellente aidé par une direction directe très précise et un freinage puissant.  De quoi exploiter son vaillant flat-twin qui lâchait prés de 40 ch sur la version Sprint en lui permettant de frôler les 130 km/h. Une sacrée vitesse en 1953 atteinte seulement par des 1500 cm3  que la Junior ridiculisait sur petites routes tourmentées. C'était au prix d'une voiture spartiate et trop radicale pour séduire un vaste public. C'était une conduite, cheveux au vent !

Une belle histoire

Charles raconte la belle histoire de sa Junior récemment acquise " Son propriétaire l'avait achetée neuve de cette couleur bleue avec banquette rouge en 1953, voiture avec laquelle il partit en voyage de noce en Italie. Il l'a conserva jusqu'à la naissance de son fils en 1959. Puis, à l'âge de la retraite en 1990, il décida de racheter une Junior, ce modèle, qu'il fit repeindre de la même couleur avec la banquette rouge. Il l'a fit restaurer en 2000 avant de décéder quelques années plus tard. Nous l'avons achetée à son fils. C'est une voiture qui n'a jamais quitté son département d'origine ! ".

Belle Histoire. Pour être parfaite, sa Junior devra bénéficier d'une révision des freins, de Michelin neufs (145X400) qui amélioreront sa tenue de route perfectible et peut être d'une peinture plus réussie que celle datant de 2000. A son grand volant en bakélite, Charles retrouve toutes les sensations que connaissaient ses conducteurs à cette époque. C'est à dire le crépitement très présent du petit flat-twin à la sonorité si particulière, la minuscule commande de boîte cachée sous le tableau de bord qui demande un doigté particulier. " J'ai l'impression que je suis un chef d'orchestre avec sa baguette" pour ne pas faire crier les petits pignons, le bruit du vent dans les oreilles. Et surtout ce formidable capital sympathie que dégageait cette petite sportive des années 50 où la vitesse était encore un cri de liberté.

Illustration - Panhard Junior 1953 Essais de Patrice
Panhard Junior 1953 Essais de Patrice

La Junior était réalisée sur le châssis de la berline X dont elle reprenait la calandre turbine jusqu'à mi-1953

Sa silhouette ramassée était composée d'emboutis simples à former. On remarquera l'absence de couvercle de malle

Illustration - Panhard Junior 1953 Essais de Patrice
Panhard Junior 1953 Essais de Patrice
Illustration - Panhard Junior 1953 Essais de Patrice
Panhard Junior 1953 Essais de Patrice

La Junior 1953 reprenait la planche de bord de la berline X. Le minuscule levier de vitesses se cache en dessous tandis que le frein à main commandé par une poignée  centrale était davantage accessible.

Le flat-twin  de 851 cm3 aurait besoin d'un bon nettoyage ! Il n'avait pas encore reçu de turbine de refroidissement qui apparaîtra en 1958 mais d'un unique ventilateur

Illustration - Panhard Junior 1953 Essais de Patrice
Panhard Junior 1953 Essais de Patrice
Illustration - Panhard Junior 1953 Essais de Patrice
Panhard Junior 1953 Essais de Patrice

Pour accéder au coffre assez vaste, il fallait déverrouiller le dossier de la banquette fixe sur cette version

Une bonne restauration rendra ses couleurs au sigle Dyna. Comme le capot avait tendance à s'ouvrir en marche, les possesseurs de Junior fixaient une courroie de sécurité en cuir

Illustration - Panhard Junior 1953 Essais de Patrice
Panhard Junior 1953 Essais de Patrice
Illustration - Panhard Junior 1953 Essais de Patrice
Panhard Junior 1953 Essais de Patrice

Bien posée sur ses 145X400 (environ 16 pouces) la Junior était râblée (3,70 m) pour 1,10 m de haut seulement

La Junior 1953 était vendue pour 3 places. Il ne faut pas être épais pour se glisser à 3 sur la banquette !

Illustration - Panhard Junior 1953 Essais de Patrice
Panhard Junior 1953 Essais de Patrice
Illustration - Panhard Junior 1953 Essais de Patrice
Panhard Junior 1953 Essais de Patrice

Il y a quelques mois, Charles a montré aux lecteurs de POA, son spider Alfa 2000

La Junior était extrapolée de la berline X dite " Louis XV" à cause de sa silhouette très torturée

Illustration - Panhard Junior 1953 Essais de Patrice
Panhard Junior 1953 Essais de Patrice
Illustration - Panhard Junior 1953 Essais de Patrice
Panhard Junior 1953 Essais de Patrice

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