Souvenirs d'Autos • Honda

Souvenirs d’Autos (386) : Le permis de conduire en 1974

Écrit par

Thibaut Chatel (Commandant Chatel, Petites Observations Automobiles)

Une rubrique pilotée par le Commandant Chatel. Georges Piat is back ! Avec un sujet encore jamais traité (et pourtant !) : le sésame à trois volets, le permis de conduire !!

Les émissions POA sont désormais disponibles en podcast !

Vendredi 5 août 2022


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Photo Thibaut

Thibaut Chatel Petites Observations Automobiles - Commandant Chatel

Alias "Commandant Chatel"  de POA.

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La petite cahute au toit ondulé bourré d'amiante qui nous sert de salle de cours est bondée. Un vieux Calor rougeoie dans la pénombre. Le projecteur égrène ses diapos fatiguées dans un doux ronron de ventilo.

Franchement, le type qui a pondu les questions doit être un vieux schtroumpf grincheux.
Diapo numéro 1, on est le 8 juillet, peut-on se garer à gauche de la chaussée en cas de stationnement bi-mensuel alterné ? Euh...
Diapo numéro 2, (il y a un tramway rouge sur l'image) a-t-on le droit de ne pas le doubler par la droite ? Réponse À ou B ? Et ben...

Quand je pense à mon père qui a passé son permis sur une Jeep de l'armée américaine avec un colonel hyper cool et pilote de Mustang (l'avion, bien sûr), je me dis que ce  n’est pas gagné !

Et pour ce qui est de l’examen pratique, je me retrouve deux mois plus tard au volant de la jolie Honda Civic bleue du moniteur dans un bouchon monstre à Rambouillet (78). C'est bien simple, tout est bloqué. Faut avancer mais pas bigner ! Alors je me lance et commence par laisser passer une coccinelle qui avait la priorité. Le vieil inspecteur ne dit rien, je me dis que c'est foutu. Et puis zut, j'y vais à la débrouille, on se laisse passer les uns les autres, on se fait des signes de la main. J'oublie complètement l'inspecteur et son code de la route à la gomme.

Une demi-heure plus tard, après un beau créneau et une petite pointe sur la Nationale 10, oh miracle, l’inspecteur me rend le Graal du bagnolard en me disant :
- Bravo et faites-en bonne usage !

Comme quoi, il y a des mecs bien dans la vie !

Petit Bonus : À voir, « Le permis de conduire », excellente comédie de Jean Girault sortie en 74, avec Pascale Roberts, Louis Velle et une pléiade de comédiens merveilleux.

Cette rubrique est aussi la vôtre !

Faites comme Clément et racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion. 

On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps… Et si possible, joignez à votre histoire des photos…. On adore ça chez POA !

Merci.

Illustration - Souvenirs d’Autos Le permis de conduire 1974
Souvenirs d’Autos Le permis de conduire 1974

L’avis des Petits Observateurs

8 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (386) : Le permis de conduire en 1974 »

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Ah mais moi aussi mon passage de permis fût mémorable. C'était une 104 Peugeot à Alfortville. Je vous rédige tout ça et vous l'envoie mon commandant.
En attendant merci a Georges de nous rappeler la décontraction qui régnait encore dans nos relations avec l'administration et aussi cette merveilleuse petite Civic première du nom qui fit beaucoup, à l'époque, pour mon attachement à cette marque.

Vendredi 5 août 2022 à 10h19

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Mais Georges (alias Clément), comment aurais-tu pu rater son permis à bord d’une Civic ?
Bercé dans le moelleux du fauteuil, l’inspecteur se sera un moment assoupi dans le bouchon et, enchanté d’un réveil en douceur, il aura voulu te remercier de cette balade Rocambouillesque…

C’était quelques années après, à bord d’une R5 verte, customisée de minuscules autocollants disposés çà et là à l’intérieur de l’auto afin de réussir les créneaux du premier coup par le truchement du rétroviseur lui aussi maculé de repères.

L’inspecteur m’avait demandé de toujours rouler à la vitesse maximale autorisée… 60, je sors de la ville et, sous le panneau limité à 90 qui se profile déjà, voilà qu’il jette promptement un coup d’œil au compteur… J’avais de suite rentré un rapport et mis le pied au plancher mais le 782 cm3 Billancourt n’était pas parvenu dans ce court laps de temps à reprendre des couleurs… Verdict 75 km/h et le verbe courroucé de mon passager qui feint de ne pas comprendre pourquoi je ne roule pas à 90… Nous étions tous deux à bord d’un veau et j’étais probablement loin d’être la première victime de ses sarcasmes… Fort de tous ces élèves tendus, il lui fallait bien égayer les longues journées d’examen. Le feuillet rose me fût néanmoins tendu séance tenante avec en prime, le sourire ironique de l’inspecteur…
Merci Môssieur.
😎
Nabu qu'a eu du cul...

Vendredi 5 août 2022 à 10h36

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Le permis! passeport pour la liberté, qui ouvrait les portes du monde (des années septante), j'ai eu le mien quelques mois à peine après l'âge requis et c'est moi qui conduisait la Renault 8 de ma mère lorsque nous allions chercher ma grand-mère en Bourgogne et hop à fond sur l'autoroute (140 ?). Ma mère avait passé le sien sur le tard un an avant, mon beau-père enfin d'accord pour acheter une auto, plus pratique pour trimballer leur bazar de campeurs pour les vacances.
Dans notre banlieue sud nous avions donc eu le même moniteur, passionné de conduite sportive qui m'avait appris l'art du "talon-pointe" et du double débrayage, on s'y croyait ...
Résultat à encore 90 ans, ma mère roulait toujours à tombeau ouvert!!!
Quand à moi j'ai appris seulement la semaine dernière que ces drôles de pointillés serrés s'appelaient des lignes de dissuasion, une petite mise a jour serait sans doute utile, mais quand on voit les films tordus du code actuel on comprends pourquoi les jeunes rechignent à le passer, et les temps ont changé, aujourd'hui les citadins ont la chance de pouvoir aller partout, reste les isolés du fin fond de nos chères campagnes où les transports en commun sont plus que rares, merci Georges...

Vendredi 5 août 2022 à 14h30

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Pour moi, c'était une Visa, deux jeunes, l'inspecteur et moi, je suis
le dernier à passer......donc le temps d'avoir les mains moitent, les
pieds poitent et la bouche pâteuse!
Petit circuit dans Nanterre, angle d'une rue....aie ! la roue arrière sur
le trottoir et l'inspecteur qui est secoué.
Au retour, pas de place pour faire le créneau, une chance pour moi
qui a beaucoup de mal avec les allumettes coincées dans le joint
de la lunette arrière.
Retour à la maison avec le papier provisoire rose. Optimiste, j'avais pris
les clés de la Renault 5 qui m'attendait dans le sous sol. A force de la faire
tourner "à vide" en attendant le permis, encrassée, elle n'a pas voulu monter
la rampe!
Le souvenir de mon permis? la frustration! 😄

Vendredi 5 août 2022 à 14h36

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En février 1974, , j'ai 19 ans,, je passe mon permis au Perreux sur Marne. C'est ma deuxième tentative. J'étais fin prêt la première fois mais le stress m'avait fait mordre sur un trottoir en tournant à droite. Ajourné !
Cette fois-ci je suis plus décontracté. Nous sommes un lundi matin. Il a neigé, il fait froid, les caniveaux sont gelés mais la route est sèche. Malgré tout ça se passe bien et je décroche haut la main mon permis, seul candidat reçu sur les 4 que nous étions ce matin-là. Ouf !
Muni de mon petit papier rose provisoire, je rentre tout content à la maison. J'habite en petite couronne Est et j'ai cours cet après-midi à Paris-Dauphine. J'emprunte la Ford Cortina 1600GT de ma mère et me voilà parti jusqu'à Dauphine par le bois de Vincennes, la Porte Dorée et les boulevards des maréchaux. Je n'ai pas trouvé l'entrée du périphérique ! 😂
Ça roule plutôt bien. Les automobilistes roulent au moins à 60 ce qui serait impossible et dangereux aujourd'hui. Arrivé sur place je me gare sans encombre devant l'ancien bâtiment de l'OTAN qui héberge l'université. Pas de problèmes de stationnement à l'époque. Trajet inverse en fin d'après-midi. Je reviens sain et sauf et la voiture aussi. 😃
Avec le recul je me dis que ce n'étais pas très prudent, je n'avais en fait aucune expérience de la conduite hormis mes quelques heures d'auto-école. Par la suite, mon apprentissage se fera sur le tas. Au cours des années qui suivront je n'aurais jamais d'accident hormis quelques très légers accrochages sans gravité mais en me remémorant à quelle vitesse je pouvais rouler je me dis que j'ai eu beaucoup de chance. Cela dit, je ne sais pas si les jeunes conducteurs d'aujourd'hui sont vraiment mieux formés.

Lundi 8 août 2022 à 16h38

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