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1 500 km en famille en BMW i4 eDrive40 : ça donne quoi ?

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Gaëtan Ferey (Ministre du Développement, Petites Observations Automobiles)

Gaëtan réalise pour POA des essais « dans la vraie vie ». Il prend une voiture quelques jours, et il part à son volant avec femme et enfants. Ville, route, week-end, points de vue des copains ou de la famille. Tout y passe. Aujourd’hui, direction le Pays basque, en famille, à bord de la BMW i4 en version eDrive40, qui représente la motorisation intermédiaire, entre la eDrive35 à la batterie plus modeste, et la tonitruante mais très onéreuse M50.

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Samedi 13 avril 2024


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Photo Gaétan

Gaëtan Ferey Petites Observations Automobiles - Ministre du Développement

Alias "Monsieur le Ministre du Développement" de POA.

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Vendredi 5 avril, 10H, Montigny-le-Bretonneux. Lorsque je me retrouve en face de la BMW i4 que sera notre partenaire de route pendant une semaine, plusieurs réflexions se bousculent dans ma tête. La plus notable est celle qui me rappelle que je n'ai pas essayé de berline depuis très longtemps, et que je suis très heureux d'y revenir, même si l'on parle plus ici d'un coupé 4 portes que d'une berline à proprement parler. La seconde, et pas des moindres, est que cette BMW i4 est, à mes yeux, un très belle auto. Son design musclé, mais élégant, en impose sur la route, et il serait bien dommage de réduire son design à ses (trop) gros haricots qui avaient tant fait parler lors de la sortie. La troisième est que je me réjouis d'avoir plus de 1500km devant moi pour évaluer son potentiel de voyageuse électrique au long cours, usage pour lequel elle semble avoir été conçue en priorité. Direction le Pays basque pour en avoir le coeur net !

Ne tournons pas autour du pot. A l'intérieur, c'est du BMW dans le texte. Matériaux de grande qualité, assemblages précis, technologie à tous les étages, nous sommes bel et bien dans un véhicule qui fait honneur au label premium de la marque bavaroise. Mention spéciale à notre modèle d'essai qui était équipé d'une magnifique sellerie cuir "Vernasca" Oyster, qui apporte beaucoup de luminosité à l'ensemble.

Pour le reste, les autres fondamentaux de la marque allemande sont au rendez-vous : la position de conduite est parfaite, et le sentiment de faire corps avec la machine toujours bien présent.

On retrouve, comme sur la BMW 320e Touring essayée l'année dernière, la grande dalle incurvée qui rassemble à la fois les informations de conduite et la partie multimédia. Agréable à l'oeil, mais aussi à l'usage car sans latence, elle impose cependant un certain temps d'adaptation pour se retrouver dans les innombrables menus et sous-menus. Un constat partagé, il est vrai, avec de nombreuses voitures modernes.

En termes d'habitabilité, nous ne sommes évidemment pas dans un SUV. Cependant, à l'arrière, l'espace aux jambes est très correct, et la banquette confortable pour deux personnes, beaucoup moins pour trois, compte tenu de la raideur de la place du milieu. 

Essai BMW i4 eDrive40

Malgré sa ligne fuyante de coupé, la garde au toit est préservée. Le coffre, lui, offre 470 litres de contenance, ce qui est adapté à une famille de 4 personnes. Surtout, la présence d'un hayon, associé à un seuil de chargement très bas, facilite grandement l'accessibilité. Bref, sans être un chantre absolu du sens pratique, la BMW i4 peut revendiquer le statut de voiture familiale.

Mais en bonne BMW, cette i4 vous rappelle vite ce qu'elle sait faire de mieux, c'est-à-dire, offrir une expérience de conduite réjouissante. Avant de rejoindre l'autoroute, nous avons dû parcourir quelques dizaines de kilomètres de route nationale. Ce parcours a mis en évidence une précision de conduite de haut niveau, ainsi qu'une belle agilité, malgré le poids élevé de l'auto (2125 kg). Un poids qui s'explique, entre autres, par le fait qu'elle est construite sur une plateforme destinée à recevoir aussi bien des motorisations thermiques qu'électriques, ce qui n'est pas le cas de concurrentes comme la Tesla Model 3 par exemple, qui ne pèse que 1824kg dans sa version grande autonomie, avec une batterie de taille assez proche.

Tout cela n'empêche pas de donner le sourire au conducteur qui profite d'une direction d'une grande précision, d'une stabilité à toute épreuve, et d'un comportement typique d'une propulsion. Le moteur électrique, qui entraîne effectivement les roues arrières, offre 340 chevaux pour 430 nm de couple. N'y allons pas quatre chemins, ça pousse très fort, et tout le temps. Le 0 à 100km/h en 5,6s annoncé par le constructeur est plus que réaliste.

Mais au final, c'est bien sur autoroute que cette BMW i4 s'apprécie le plus, grâce à un confort de haut niveau et à un comportement souverain. Calé tranquillement à 130 km/h au régulateur, les passagers profitent d'une insonorisation très poussée qui permet de contenir les bruits de roulement et les sifflements aérodynamiques. Une référence à ce niveau, et qui met la Tesla model 3 à distance sur ce point. 

Le deuxième point notable, et c'est une petite surprise, vient de l'excellente qualité de filtration des suspensions. Ces dernières offrent un vrai confort de roulage, en toutes circonstances. Si les précédentes BMW essayées dans ces colonnes m'avaient paru un peu trop sèches, il n'en est rien pour cette BMW i4. Notons que la monte pneumatique raisonnable de notre modèle d'essai (18 pouces), a sans doute contribué également à ce sentiment de confort. A bon entendeur.

inutile de dire qu'avec une telle réserve de puissance, les dépassements ne sont qu'une formalité, et les démarrages aux barrières de péage assez spectaculaires, surtout quand le mode sport est activé. Les aides à la conduite sont bien calibrées et agissent en douceur, tandis que la voiture a le bon goût de gérer ses alertes sonores avec beaucoup de discrétion.

Essai BMW i4 eDrive40

Voyage, voyage

Notre BMW i4 eDrive40 embarque une grande batterie de 83,9 kWh, dont 80,7 kWh utiles. Une capacité déjà importante, mais qui, par expérience, n'apporte réellement de la sérénité que si l'efficience est également au rendez-vous, surtout dans ces conditions autoroutières. Sur ce point, notre BMW s'en tire plus que bien. En effet, à l'issu d'un roadtrip de 1500km, constitué à 90% d'autoroute fluide aux allures légales, avec 4 personnes à bord, et un coffre bien chargé, l'ordinateur indiquait une consommation moyenne de 19,6kW/h au 100 km. Une consommation très intéressante qui plaide en faveur du Cx de 0,23 de l'auto et qui, ramené à la capacité de sa batterie, aurait permis une autonomie autoroutière théorique de 400km. Et environ 280km sur une recharge 10-80%, ce qui est habituellement l'usage sur longs trajets. Pour être précis, notons que l'essentiel du voyage a été réalisé en mode Eco Pro (qui optimise la consommation tout en offrant une puissance largement suffisante pour le commun des mortels), dans des températures plutôt clémentes, de 15 à 25 degrés, en fonction de nos latitudes.

Cette autonomie rassurante se conjugue à une capacité de recharge intéressante. BMW promet une durée de 31 minutes pour passer de 10 à 80 % de charge, ce qui paraît réaliste compte tenu de ce que j'ai pu constaté lors de notre voyage. Avec un pic à 205kW, et surtout une courbe de recharge bien maîtrisée, la BMW i4 se veut également rassurante sur ce point.

Concrètement, pour réaliser notre trajet Montigny-le-Bretonneux > Biarritz qui représente 765 km de distance, nous avons effectué deux pauses : une grande d'un peu moins de 40mn pour déjeuner entre Tours et Poitiers (avec à la clé une recharge de 39% à 100%), et une petite pause d'une vingtaine de minute juste avant Bordeaux, pour une recharge de 30% à 70%. Ce sont probablement des pauses que nous aurions faites également en voiture thermique. L'enjeu était de voir dans quelle proportion nos besoins de recharge étaient en mesure de s'y intégrer. Ce qui a donc été le cas.

Pour l'organisation de ce trajet, nous avons utilisé le planificateur d'itinéraire intégré de la voiture. Les recommandations de pauses, et de temps de recharge se sont avérés pertinentes dans l'ensemble, même si nous avons parfois noté un certain pessimisme dans ses choix. L'estimation du niveau de recharge à l'arrivée, elle, s'est avérée précise. Bien sûr, le planificateur permet également de lancer automatiquement le pré-conditionnement de la batterie, en prévision de la recharge, lorsque celle-ci est programmée dans l'itinéraire. Finalement, il n'y a qu'une seule fois où j'ai décidé de ne pas suivre les recommandations du planificateur : les enfants avaient faim ! Cela m'a amené à anticiper mon arrêt, pour satisfaire les besoins physiologiques de mes progénitures. Le planificateur l'a bien sûr pris en compte pour reconfigurer les futures étapes du voyage.

On achète ou on n'achète pas ?

Ne nous racontons pas d'histoire. Avec un prix d'accès fixé à 63 950 euros sans options, cette BMW i4 n'est pas destinée à n'importe qui. Surtout qu'un modèle comme le nôtre réclame plus de 8 000 euros d'options. La raison pourrait me faire dire qu'une Tesla Model 3 Grande Autonomie, qui coûte 10 000 euros de moins tout en étant full options, est un choix bien plus rationnel, et c'est peut-être celui que je ferais également si je devais acheter une berline électrique. Mais, BMW a réussi le tour de force de nous concocter une voiture électrique qui a une "âme", tout en étant plus que crédible sur les critères essentiels du genre, que sont l'autonomie, la recharge et la planification des trajets. Je vais vous faire une confidence :  j'ai eu beaucoup de mal à la rendre. 

L’avis des Petits Observateurs

4 commentaires au sujet de « 1 500 km en famille en BMW i4 eDrive40 : ça donne quoi ? »

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Nombre de mes meilleurs amis roulent en BMW. J'espère qu'ils prennent du plaisir à les conduire parce que pour moi passager l'expérience est épouvantable. BMW série une, BMW série 4 grand coupé, BMW X3 et enfin série 3 break, devant, derrière, c'est mal au dos, quand ce n'est pas au c...l dans le quart d'heure qui suit. Mon corps refuse😁
Merci pour ce panégyrique Gaëtan👌

Mardi 16 avril 2024 à 17h26

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Évidemment, 10 000€ de plus, c’est beaucoup. D’un autre côté, les BM et Mercedes ont toujours été plus chères, justifiant une ambiance et une qualité de fabrication /finition que les gens étaient prêts (à tort ou à raison) à payer.
L’électrification a néanmoins bouleversé le marché automobile. L’efficience est un critère important que la seule réputation ne peut plus compenser.
Néanmoins, la ligne de cette série 4 (la série 1 comme cette série 2) m’a toujours fait de l’œil.

Jeudi 18 avril 2024 à 00h41

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Autant les gros ecarts entre une serie 1 et une 308 sont difficiles à justifier autant entre une model 3 et une i4 sont faciles.
La bmw ne risque pas de casser son train avanr, ni de perdre un toit vitré. On ne vous fera pas faire des rappels tous les 3 ou 4 matins.
Vous pourrez facilement (liste non exhaustive) :
Mettre le clignotant en virage
Regler les essuie glace
Ouvrir la voite a gant
Avoir la vitesse sous les yeux
Passer en D puis en R
Regler les sieges
Etc etc
Quand au confort des bmw. Je ne suis jamais monté dedans et j ai acheté une serie 530d g30 il y a un mois et le confort est incroyable. Royal derriere. Les sieges advanced confort ont tellement de réglages qu il est difficile de trouver ce qu il vous faut mais après c est les km sans fatigue. Les appuis tête sont de vrais oreillers.

Dimanche 21 avril 2024 à 11h42

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