Les Essais de Patrice • Maserati

Maserati Levante GTS Trofeo Comme un ouragan !

Par Patrice Vergès. Depuis sa naissance il y a plus de 100 ans, la prestigieuse marque italienne a été secouée par de nombreuses et violentes tempêtes qui doivent être le fait que la firme a baptisé ses modèles par des noms de vents comme le Levante qui souffle en Méditerranée.



Sa calandre agressive, un long capot et un pare-brise très incliné inspirent plutôt un coupé qu'un SUV

Sa hauteur relativement faible de 1,69 m lui donne une silhouette assez écrasée



L'histoire de la marque au Trident est digne des meilleurs feuilletons télévisés puisqu'elle a essuyé plusieurs faillites, connut plusieurs acheteurs et coups de théâtre. Particulièrement celui d'être animé aujourd'hui par un moteur Ferrari, firme qui fut longtemps sa plus grande rivale sur la piste et de retrouver bientôt au sein de la future fusion avec FCA, Peugeot qui avait justement obligé Citroën, son propriétaire, à s'en débarrasser lors de son rachat en 1974. L'histoire bégaie !

De 275 à 580 chevaux

Le SUV Levante est aujourd'hui le cheval de bataille de la marque italienne dont les ventes ont brusquement chuté en 2019 par la faute d'une gamme vieillissante qui devrait être rajeunie en 2021. Ce gros SUV est proposé en plusieurs motorisations notamment un V6 essence 3 litres turbo dont la puissance varie de 350 à 430 chevaux, soit un V6 turbo diesel également d'une cylindrée de 3 litres pour 275 ch ainsi que, depuis peu, en V8 essence à double turbocompresseur emprunté à la Quattroporte.



Avec un si beau moteur, une option capot transparent devrait être proposée

Ce 3,8 l à 90 degrés d'origine Ferrari retravaillé par Maserati, délivre soit 530 ch contre 580 ch dans le cas de la Troféo où il a été revu au niveau des culasses et des turbos. N'imaginez pas qu'avec 530 ch, la précédente Levante GTS se traînait sur la route mais il fallait encore davantage de puissance pour lutter contre le Range Rover Sport V8 et le Porsche Cayenne et autres Alfa Stelvio et Lambo Urus au jeu stupide de celui qui a le plus de chevaux ! Bousin qui en fait la Maserati la plus puissante jamais produite avec un couple colossal de 730 Nm dès 2500 tr/mn qui arrache de l'attraction terrestre la Trofeo à chaque accélération.

Pour transmettre une telle cavalerie via une boîte automatique ZF à 8 rapports, on passe obligatoirement par une transmission intégrale dont le couple est transmis à 100 % aux roues arrière en mode normal pour se repartir équitablement en 50/50 sur routes glissantes. Pour les passer au sol, la Trofeo est également montée sur des roues géantes de 22 pouces en option (21 de série) comme sur la voiture essayé gantées d'énormes 295/30 à l'arrière.

Agressif mais pas trop

A travers les extraordinaires jantes, se dessinent les colossaux étriers Brembo de couleur rouge à 6 pistons chargés d'arrêter cette masse de plus de 2 200 kilos qui peut débouler à près de 300 km/h. Bien entendu, le châssis a été adapté à cette puissance accrue notamment avec une suspension à double bras à l'avant et multi bras à l'arrière affermie.



Les jantes de 22 pouces optionnelles laissent deviner les énormes étriers Brembo

Le fameux trident, inspiré de la fontaine de Neptune de Bologne où naissent les Maserati



Bon, il est temps de grimper dans ce beau joujou qui fait quand même dans la massif, long de 5 m et large de près de 2 m mais relativement bas avec 1,69 m. Relative faible hauteur qui concourt à lui donner une allure plus sportive exacerbée par sa calandre gourmande, caractéristique de toutes les voitures de la firme de Bologne épaulée par sorties d'air latérales spécifiques du capot coulé en alu. Agressivité qui a la qualité de ne pas sombrer dans le mauvais goût ostentatoire des BMW récentes et autres Audi moins récentes.



Planche de bord sobre mais fort réussie au plan esthétique- Intérieur cuir pleine fleur avec le sigle de Maserati sur l'appui-tête sur la Trofeo



Pénétrer à l'intérieur est un pure jouissance et donne envie de tailler la route dans une ambiance bienveillante à l'antipode des allemandes déjà citées avec des sièges sport pleine fleur surpiqués ventilés et des panneaux de portes en alcantara sans oublier la fameuse montre analogique de forme oblongue, clin d'œil au passé. C'est beau, c'est italien, c'est sensuel, c'est odorant, c'est enivrant. Tout ce qu'une allemande ne sait pas offrir.



Le tachymètre est gradué jusqu'à 350 km/h ! La célèbre montre analogique oblongue qui caractérise toutes les Maserati



La vue du compteur gradué jusqu'à 350 km/h, le pédalier sport gravé au M, les palettes manuelles en alu, rappellent qu'on pilote une voiture de sport sous une robe familiale qui permet d'accueillir toute la famille et ses bagages. Mais pas trop quand même....

Cet ADN est immédiatement rappelé lorsqu'on réveille la mécanique surtout en mode Corsa qui abaisse légèrement la suspension pilotée pour mieux coller à la route. Par ses quatre épaisses sorties d'échappement, le V8 biturbo éructe grave en notes sèches et rauques voire claquantes en décélérations aux antipodes d'un V8 américain. On n'a même pas l'envie d'allumer les 900 watts de la radio distribuée par 14 HP au profit de cette symphonie agressive qui concourt au charme auditif de ce SUV.



Quand on appuie sur la touche Corsa Sport, la Levante devient plus brutale au niveau du comportement 

Les quatre sorties d'échappement lâchent une musique très proche de celle d'une Ferrari pour une raison évidente 



299 km/h

A la question, ça pousse, je réponds oui. Je dirais même plus, ca arrache fort avec le zéro à 100 en 4 secondes et des poussières et 299 km km/h en pointe que ne n'ai évidemment pas testés. Mais sans brutalité, presque avec une douceur implacable. En fait, on se rend compte qu'on va vite en regardant le paysage qui s'accélère autour de vous. Malgré son poids coquet, grâce à une hauteur de caisse variable selon 7 cm, on peut adapter la Trofeo à sa conduite qui restera toujours en deçà de ce qu'on obtenir avec ce genre d'engin sur routes ouvertes en restant fidèle à l'esprit d'une propulsion.

Malgré ses 4 roues motrices, c'est plus une berline surélevée (pas trop) qu'un engin de franchissement en plus ce n'est pas le plus vaste de sa catégorie mais c'est celui qui avoue le plus de charme peut être parce qu'elle a été pensée par des Italiens.

Reste à évoquer son tarif médian entre celui d'une Alfa Romeo Stelvio et celui d'un Range Rover Sport V8, avec 158 000 euros soit 20 000 de plus que la version 530 ch. Somme a laquelle il faut ajouter quelques options mesquines comme les jantes de 22 pouces (3000 euros) en préférant vous laisser imaginer le prix plein pot du malus écolo avec 313 g/km. Je vais vous avouer quand on conduit ce genre de voiture avec en fond sonore le grondement rauque du V8 aux accélérations dignes d'un boulet de canon, l'avenir de la planète, on l'oublie un peu....



La Trofeo se distingue par ses sorties d'air du capot réalisé en aluminium



Le coffre arrière n'est pas très vaste pour une voiture aussi volumineuse

Lundi 20 juillet 2020

L’avis des Petits Observateurs

1 commentaire au sujet de « Maserati Levante GTS Trofeo Comme un ouragan ! »

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La dernière phrase résume, en un sens, tout ce que j'aime chez Maserati = "Le coffre arrière n'est pas très vaste pour une voiture aussi volumineuse"... Bref, elle est absolument et délicieusement déraisonnable !

Lundi 11 octobre 2021 à 15h51

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