Les Essais de Patrice • Honda

Honda Civic 4 portes : Plus près de sa grande soeur l'Accord

Par Patrice Vergès. Un essai rare puisque pour une fois nous n'allons pas encore conduire un SUV ni une voiture à hayon mais une berline trois volumes, la Honda Civic 4 portes. Comme avant.....

La Honda Civic 4 portes offre une face avant différente de celle de la 5 portes avec des prises d'air bien plus discrètes mais davantage de chromes



S''étirant sur 4,63 m, la silhouette de la Honda Civic 4 portes est agréablement plus fluide et plus basse



La Honda Civic 10eme génération est désormais livrable en deux types de carrosserie : la 5 portes déjà essayée en juin dernier sur POA et plus récemment en 4 portes à la silhouette plus fluide. Elle ne réutilise que la face avant des 5 portes redessinée au niveau de la calandre et du bouclier avec un profil différent et une longueur accrue de 11 cm (4,63 m) en échange d'une carrosserie légèrement surbaissée à 1,41 m.

Taille basse 

"Quelle est basse ! " a été le commentaire unanimement entendu des quelques personnes que j'ai transportées en 2 500 km. À une carrosserie surbaissée, la Honda Civic 4 portes rajoute une assise très basse dont on avait perdu l'habitude. Elle incite à mettre un bon coup de rein au sortir de la voiture ce qui m'a rajeuni en me rappelant ma Civic des années 90 encore plus basse. La Honda Civic 4 portes a été dessinée toute en courbes limpides dans un style plus pur et moins agressif pour ne pas dire trop clivant de celui de la 5 portes. Une silhouette qui ne manque ni d'élégance ni de beauté. Fabriquée en Turquie, cette Honda Civic 4 portes est surtout destinée à l'Amérique où elle fait un tabac. Pas en France, hélas, à cause de la motorisation imposée par les Anglais avec le 1,5 l 4 cylindres essence turbo VTEC de 182 ch plutôt que le 3 cylindres de 1 l de 129 ch de 7 CV fiscaux contre 10. Malussée de 300 à 410 euros selon la transmission, d'après Honda, ses ventes ne devraient pas dépasser quelques centaines en France à cause de cette surmotorisation moins prisée par les Français traumatisés par la vitesse et la pollution. Et c'est dommage car elle s'éloigne complètement de l'esprit de la Civic pour rejoindre celui de l'Accord qui n'est plus commercialisée dans notre pays. C'est une motorisation qui répond à cette envolée.

L'accès au coffre n'est pas très pratique mais il cube plus de 500 litres !



Du bon et du moins bon

J'ai parcouru 2 500 km au volant de la Honda Civic 4 portes qui m'a séduit par divers cotés et horripilé par d'autres. Commençons par ce qui énerve. Malgré une certaine habitude d'assimiler rapidement des autos, j'ai du plonger dans le manuel d'emploi épais de 700 pages (hors GPS !) pour comprendre comment s'ouvrait la trappe à essence sans bouton ou pour remettre certaines fonctions à zéro. Beaucoup de commandes ne sont guère intuitives. Le bouton rond de chauffage placé sous la radio génère systématiquement un reflexe pavlovien lorsqu'on veut baisser le volume de celle-ci. Ensuite, le réservoir de 46 litres incite trop souvent à passer à la pompe en donnant le sentiment que la voiture consomme plus qu'en réalité.  Enfin, avec ses flancs bombés sans protections latérales liés à un avant assez long, il doit être difficile de ne pas rayer sa carrosserie surtout en zone périurbaine. Mais il est vrai que Honda propose des protections en accessoire.

Le digital a supplanté les classiques aiguilles et le volant ressemble à tous les volants. C'est le progrès !



l'habitacle est cossu surtout en version Exclusive



En revanche, le moteur VTEC de 182 ch est séduisant, très discret et suffisamment tonique (200 km/h) mais sans effets de turbo car plutôt linéaire. Il était accouplé à une transmission à variation continue type CVT. Est-ce le souvenir de la Mobylette orange à variateur de ma jeunesse mais je dois être le seul journaliste français à aimer ce type de transmission. Elle offre une foultitude de rapports bien qu'il soit possible de les bloquer manuellement à l'aide de deux palettes derrière le volant où on en compte artificiellement sept.

Sur 2500 km, la consommation n'a pas dépassé une moyenne de 6,4 l aux 100



6,4 l sur 2500 km

Cette CVT à courroie humide a été bien améliorée par le montage d'un convertisseur comme sur une vraie boîte auto ce qui lui permet de ne plus générer cette sensation de mouliner si on écrase l'accélérateur. En fait, il ne faut jamais presser l'accélérateur mais plutôt le soulager. J'ai noté une expérience amusante sur route plane limitée (pour le moment) à 90 km/h pour un régime de 2000 tr/mn. En levant légèrement l'accélérateur, mon compte-tours est redescendu à 1600 tr/mn tout en conservant 90 km/h. C'est ainsi que ma voiture n'a consommé qu'une moyenne de 6,4 l sur 2500 km/h après un parcours routier et autoroutier avec des pointes à 9 litres en ville. Cette transmission a l'avantage de ne coûter que 1300 euros supplémentaires ce qui est honnête comparée à une vraie automatique.

Les passagers disposent d'un bon volume aux places arrière



J'ai pu disposer d'une version Exclusive fort bien équipée : sièges en cuir chauffants, navigation, démarrage sans clé, éclairage led très puissant, toit ouvrant, détecteur d'angles mort, jantes en alliage bicolores esthétiques, etc. Les tarifs de la 4 portes sont superposables à ceux de la 5 portes, à savoir de 25 900 euros à 31 500 pour la voiture essayée dont l'unique option était une peinture métallisée. Il y a pire du coté des allemandes !

Jeudi 20 février 2020

L’avis des Petits Observateurs

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