Souvenirs d'Autos • Austin

Souvenirs d'Autos (350) : Austin Montego contre Mercedes 190

Écrit par

Thibaut Chatel (Commandant Chatel, Petites Observations Automobiles)

Une rubrique pilotée par le Commandant Chatel. L’excellent Chapman dont les souvenirs et les commentaires me font toujours beaucoup rire est de retour avec un souvenir de son Austin Montego

Mercredi 10 novembre 2021


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Photo Thibaut

Thibaut Chatel Petites Observations Automobiles - Commandant Chatel

Alias "Commandant Chatel"  de POA.

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Au début des années 90, je fais l’acquisition d’une Austin Montego. L’arrivée de mon deuxième enfant, besoin de place, pas chère, j’ai du sang Anglais et donc peur de rien. Mes amis bagnolards, ricanent en me promettant des jours difficiles.

En attendant, je jouis d’une jolie finition haut de gamme pour l’époque.

Mais là n’est pas le sujet.

Un cousin par alliance se marie en juillet 94 et nous sommes invités à la noce du côté d’Uzès dans le midi tout comme ma belle-sœur et son mari, le beau-père et la belle-mère. Nous sommes à une heure environs au nord est de Lyon à 350 kilomètres de notre destination.

Je sens l’embrouille. Les autoroutes du sud de la France les week-ends estivaux sont des pièges à embouteillage. Je travaille jusqu’au dernier moment, impossible d’anticiper le voyage.

Tant pis, nous partirons très tôt samedi matin pour tenter de devancer la foule. Nous décollons à cinq heures du mat pour récupérer nos enfants en vacances chez mes parents à Belley. À 6 heures nous sommes en route pour Valence en passant par Chambéry, Grenoble... Ça roule vite et bien. Je suis content de moi et me détends.

Petit déj à Bourg de Péage avant d’enquiller l’A7 plus que fluide. Il est neuf heures et suis très fier de moi. Ma femme en confiance me suggère une halte commerciale à Montélimar.

Vous vous doutez bien que c’est une erreur. Quand nous rejoindrons une heure plus tard l’autoroute, nous ne pouvons que constater le blocage depuis le pont qui enjambe le grand ruban.

Pas de GPS et autres décodeurs de parcours alternatifs. Le rythme cardiaque de mon épouse s’accélère, elle entend déjà les reproches de sa mère. Je dégaine l’arme suprême, le livre de toutes les cartes de France et décide en un coup d’œil d’un nouveau parcours par le réseau secondaire. Au moins ça roule, ça ne peut pas être pire que de rester bloqué sans clim en plein soleil de juillet.

Ça roule en effet sauf qu’il y a de nombreux villages et que souvent, c’est jour de marché. Le temps gagné se perd en traversées au pas derrière les badauds. Ma femme se décompose minutes après minutes.

Les enfants, pourtant très jeunes sont d’une sagesse incroyable.

Il est plus de 13h30 quand nous arrivons avec trois heures de retard. La tension est à son comble, nous nous attendons à des réprimandes, Némésis n’est rien comparée à ma belle-mère.

Les cousins, oncles et tantes nous accueillent à bras ouverts. Nous nous détendons un peu et demandons des nouvelles de l’autre voiture, la Mercedes 190 avec mes beaux-parents, leur fille et leur gendre à bord.

Ils ne sont pas arrivés !

J’entends un cri derrière moi, c’est ma femme qui, avec un rire mauvais, un rire entre la rage et la joie, passe par un hasard du destin, de victime à bourreau. Quand une demi-heure plus tard la Mercos pointe sa calandre les reproches ont changés de bord et ma douce ne va pas bouder son plaisir.

J’appris par mon beau-frère que l’ambiance à bord était digne d’un orage magnétique et que ma belle-mère encourageait mon beau-père à toutes les imprudences pour gagner du temps. L’idée d’arriver après nous la mettait en transe.

Nous avions mis près de sept heures pour faire 300 kilomètres! Il n’y a que la famille pour vous demander de tels sacrifices

Reste qu’à l’époque où les accidents étaient bien plus fréquents qu’aujourd’hui, il ne nous est pas venu un seul instant aux uns et aux autres d’envisager cette possibilité. Pas de portables pour prévenir ou pour être harcelé… le vingtième siècle quoi !

Austin one point, Mercos zéro. Merci Gennaro !

 

 

Cette rubrique est aussi la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion.

On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps…

Et si possible, joignez à votre histoire des photos….

On adore ça chez POA !

Merci.

L’avis des Petits Observateurs

8 commentaires au sujet de « Souvenirs d'Autos (350) : Austin Montego contre Mercedes 190 »

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J'adore ces bulles de nostalgie du vendredi matin ... Dès que je croise le lien du Commandant sur Twitter, je file à ma lecture.
Bien souvent cela commence par l'année, et je replonge illico dans mes souvenirs pour me "relocaliser" en cette année là,
- ou j'étais,
- ce que je faisais,
- la voiture que j'avais etc ....
1990 je roulais en Passat, le modèle sans calandre, la Montego je connaissais, on en voyait beaucoup dans la région, souvent en bleu métal.
Elle est sympa cette histoire, c'est vrai qu'on ne pouvait donner de nouvelles à nos proches, que le mot aventure prenait un peu plus de sens.
Bon week-end.

Vendredi 12 novembre 2021 à 10h12

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En réponse à Thierry C

C'est amusant, Thierry, je fais comme vous.
Quand je découvre un souvenir d'auto dans ma boite mail, je me pose la même question.
- Qu'est-ce que j'avais comme voiture à l'époque ? J'étais où ? Je faisais quoi ?

Vendredi 12 novembre 2021 à 10h41

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Quitter le boulot au galop, rejoindre madame, charger la bagnole, chercher les enfants.
Timing si parfait que nous avons même de l'avance...
Et puis paf, la boulette !

Le livre des cartes de France? Véritable dictionnaire de la route.
Début 90? Et bien, achat d'un break 405.
La boulette c'est plus tard début 2000, achat d'une 307.

Merci Chapman pour cette petite chronique d'un weekend d'été.

Samedi 13 novembre 2021 à 11h12

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Et oui Chapman, les jeunes n'ont aucune idée du formidable esprit de compétition qui nous animait à l'époque où les bagnoles ne roulaient pas toute à 130, où elles n'étaient pas toutes fiables, toussaient un peu, suintaient beaucoup, où certaines autoroutes étaient encore en pointillé et où les données du GPS étaient faites d'un chouia de cartes bibendum et de monstre d'intuition pour ne pas dire carrément de pur hasard... En revanche cela pimentait sacrément le voyage et donnait des sujets de conversation plutôt relevés à table... L'ancêtre du SDA en quelques sorte. 😁

Samedi 13 novembre 2021 à 16h27

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En réponse à Nabu C

Nabu ... oh cher Nabu, nous sommes en 1994 dans l'histoire racontée !
On filait allègrement à plus de 130 car les barbecues étaient repérables de loin, les vidanges étaient tous les 10000, les autoroutes étaient pour la plupart finies, les portables n'étaient pas répandus, et la carte Michelin c'est vrai, était obligatoire.
Je vous trouve cher ami un peu trop en mode "exagération" !
On dirait mon grand-père quand il me parlait de la guerre mais qu'en fait il a passé tout son temps prisonnier en Suisse à faire du ski et aider dans une ferme.

Dimanche 14 novembre 2021 à 11h42

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En réponse à Thierry C

Bon d'accord, j'ai un peu brodé et je n'ai pas vu le temps passer soit, mais Dieu que le voyage avait un sens, un parfum d'aventure, quand il n'y avait pas ce bazar pour faire tout cela à votre place...
Mes amitiés à votre grand-père...

Dimanche 14 novembre 2021 à 13h52

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Merci pour vos gentils commentaires. J'ai bien sûr d'autres aventures à vous raconter. Mon commandant, votre boîte mail va bientôt sonner !

Dimanche 14 novembre 2021 à 07h54

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