Les Essais de Patrice • CG

Simca CG : Qui a dit que les petits bolides français étaient bleus ?

Par Patrice Vergès. Plus de 400 voitures produites, 32 victoires en rallye, la firme automobile CG née des initiales de Chappe et Gessalin n’aura vécu que sept étés. Née en 1966, la petite marque sportive française a cessé sa production en 1974 tuée par la première crise de l’énergie.

Les nouveaux tee-shirts et sweat-shirts POA sont arrivés !

Lundi 23 novembre 2020

Illustration - Simca CG Avant
Simca CG Avant

En version 1300, la CG a été produite entre fin 1972 et début 1974 à 95 exemplaires 

Vous remarquerez l'immatriculation qui n'est pas le fruit du hasard mais d'employés sympa à la préfecture

Illustration - Simca CG Arrière
Simca CG Arrière

Fin 1986, pour le magazine AutoHebdo, j'essayai le Simca CG 1300 de Jean. 34 ans plus tard, pour POA, je les retrouve. Si nous avons changé, Jean et moi, ce n'est pas le cas de son minuscule coupé toujours aussi séduisant dans sa livrée orange vif. " Je l'ai acheté en 1984 en état d'épave. Avec des amis nous l'avions entièrement restauré de A à Z. En 36 ans, j'ai du parcourir 40 000 km avec et je l'ai toujours bien entretenu. Il a aujourd'hui 106 000 km et il sort d'une révision de chez mes amis ACR de Contres qui ont magnifiquement réglé son moteur et son châssis. Il n'a jamais aussi bien marché ! "

 Comme pour la Berlinette Alpine qui était sa grande concurrente, il faut montrer de la souplesse pour se glisser dans son petit cockpit. Depuis 1986, j'en ai perdue ! Ce poids plume de 725 kilos culmine à 1,18 m seulement pour prés de 4 mètres de long.  Assis presque couché dans le confortable et étroit baquet, bras et jambes tendus, je retrouve l'ambiance et le parfum et l'ambiance des sportives des seventies avec le petit 1300 qui jappe fort dans le dos par son échappement à double sorties. Mais au fait, c'est quoi une CG ? 

CG pour Chappe et Gessalin.

C’est en   1966 que les trois frères Chappe et Jean Gessalin décident se lancer dans la construction de leur propres voitures après en avoir réalisées beaucoup pour d’autres marques en matériau composite qu'ils maîtrisent bien. 

Le neveu d’Albert Chappe, Jean Gessalin qui a déjà dessiné notamment pour Alpine planche sur un joli petit cabriolet profilé. Plus élégante que sportive, sa silhouette en polyester cache un robuste châssis composé d’une poutre centrale bien rigidifiée. La CG reprend les dessous et la mécanique de la berline Simca 1000. Commercialisé dès le salon de Paris 1966, ce cabriolet séduit malgré ses performances timides (150 km/h) Heureusement, Simca dévoile son coupé 1200 S plus méchant. A Brie le Comte Robert où elles sont fabriquées, on saute à pieds joints sur sa mécanique plus musclée.

Illustration - Simca CG Intérieur
Simca CG Intérieur

La planche de bord comprenait une instrumentation complète pour suivre la vie du moteur. Le petit volant cuir est signé Momo 

Le moteur était celui de la Simca Rallye 2 monté en porte à faux. Un 1294 cm3 délivrant 82 ch (il existait un kit 95 ch) alimenté par deux carburateurs Solex

Illustration - Simca CG Moteur
Simca CG Moteur

Fin 1968, apparaît la CG 1200 qui non seulement adopte ses trains roulants et surtout son 1200 cm3 de 80 ch. La CG 1200S pointe désormais son fin capot agrémenté de deux gros longue-portée à 175 km/h. Proposée en coupé (en fait un hard-top fixe), elle peut être enfin qualifiée de véritable sportive. En effet, grâce à son châssis hyper rigide, son poids hyper-léger, son aérodynamique, la CG est un régal à piloter sur routes sinueuses.

En 1972 Simca dévoile sa Rallye 2 1300 au moteur poussé à 82 ch qu'adopte la CG qui bénéficie d’un lifting : spoiler avant, ailes élégamment gonflées, nouveau profil plus anguleux des glaces latérales, arrière raccourci avec des feux horizontaux comme celle de Jean. L'avenir s'annonce prometteur pour la petite marque sportive.

Illustration - Simca CG Archive
Simca CG Archive

La première CG exposée au salon de Paris 1966 encore animée par le moteur de la Simca 1000 de 45 ch !

Les dernières versions avaient reçu un arrière tronqué avec des feux rouges de Simca 1100. L'échappement lâche une belle sonorité

Illustration - Simca CG Phare
Simca CG Phare

Fin de CG

Suite à la brève guerre du Kippour en octobre 1973, les producteurs de l’OPEP provoquent un embargo sur le pétrole. En décembre 1973, suite à cet embargo le carburant est rationné, la vitesse est « provisoirement » limitée et surtout le sport automobile est interdit. L’Automobile s’écroule ! Toutes les marques de voitures sportives sont évidemment très touchées par ces mesures particulièrement par la limitation de la vitesse. CG est frappé de plein fouet ! 

Du jour au lendemain, m’avait raconté Albert Chappe, disparu en mars 2010 à 96 ans, les commandes se brusquement arrêtées et les caisses des voitures se sont empilées dans l’usine ! A 60 ans, le cœur brisé, il décide d’arrêter proprement ses activités en vendant les dernières voitures stockées. En mai 1974, la dernière des CG construite sort des locaux de Brie-Comte Robert. La fin brutale d’une aventure au goût d’inachevé qui risque de renaître un jour puisque depuis 5 ans Didier Malga et son fils Louis-Paul rêvent de lui redonner la vie. Son châssis terminé animé par un moteur Peugeot 1,6 l de 225 ch n'attend plus que sa carrosserie néo-retro. 

Illustration - Simca CG Roue de Secours
Simca CG Roue de Secours

Le coffre avant est bien occupé avec le radiateur d'eau, la roue de secours chaussée d'un 165 X13

Les CG étaient construites rue du Coq Gaulois qui devint le logo de la marque dessiné par Albert Uderzo

Illustration - Simca CG Volant
Simca CG Volant

Piqué Simca

Conduire un CG est un régal car avec moins de 750 kilos, il s'enroule dans les virages avec une gourmandise jamais rassasiée.  À l'époque, ses 180 km/h et ses 32 secondes aux 1000 étaient des performances exceptionnelles. La grosse critique portait sur sa boîte de vitesse de Rallye 2  à 4 rapports seulement contre 5 pour sa concurrente la Berline 1300 85. Vendue 29 000 francs en 1973 (autour de 30/35 000 euros), ces voitures s'adressaient à une clientèle très étroite qui explique que la limitation de vitesses leur a été fatale. Dommage car c'était une voiture très attachante que Jean conservera jusqu'au bout du bout. " Enfant, j'ai toujours roulé dans les Simca familiale. Évidemment ma première voiture fut un Simca. À 22 ans en 1977, j'ai acheté ma première Simca Rallye 2 neuve puis en 1984, cette CG de 73 qui est une des dernières construites. Je possède aussi une Matra Murena 2,2 l et une Simca Rallye 3 également restaurée (1001 seulement de construites). Il faudra que tu viennes la ressayer ". Promis Jean…

Illustration - Simca CG Jean
Simca CG Jean

Jean roule depuis 1984 avec cette CG de fin 1973 qu'il avait faite entièrement restaurer 

 Si la fabrication était soignée, la présentation et l'équipement était succincts   avec des glaces coulissante 

Illustration - Simca CG Porte
Simca CG Porte

Mon essai du magazine AutoHebdo datant de fin 1986 ! Le titre était en forme de clin d'œil aux Alpine

Illustration - Simca CG Magazine
Simca CG Magazine

L’avis des Petits Observateurs

Soyez le premier a commenter

Se connecter ou s'inscrire pour poster un commentaire

Article suivant

Gas Station (512)