Bernard rêvait d'une Berlinette Alpine A110, hélas trop chère pour son budget. Il s'est consolé en achetant une version GT4, à l'état de quasi-épave, qui a exigé des centaines d'heures de restauration.
Alpine GT4 : j'ai appris à l'aimer !
Écrit par
Patrice Vergès (Romancier, journaliste, essayeur, auteur & chroniqueur , Petites Observations Automobiles)
Offre Partenaire LLD LOCALEASE
La LLD sur de la voiture d'occasion, vous connaissez ? Découvrez les offres de notre partenaire Localease sur des voitures d'occasions révisées et reconditionnées !
Offre Partenaire WASH
Exclu communauté POA : un lavage programme 5 (valeur 17 euros) offert pour un premier achat de 35 euros avec le code POA35 !
- Type de véhicule
- Coupé
- Marque
- Alpine
- Année
- 1967
- Modèle
- GT4
- dossier
- Les Essais de Patrice
- Tags
- Les Anciennes, France
Partager
Lundi 8 juin 2026
Écrit par
Patrice Vergès Petites Observations Automobiles - Romancier, journaliste, essayeur, auteur & chroniqueur
Membre du Gouvernement POA.
La GT 4 épaulait la gamme des Berlinette A110 se distinguant par sa silhouette plus épanouie destinée à accueillir quatre personnes d'ou le chiffre 4 dans son sigle. Elle n'a pas rencontré le succès commercial de la Berlinette, expliquant sa production plus réduite de seulement 263 construites entre 1963 et 1969 plus 114 au Mexique sous la marque Dinalpin. Elle avait la particularité d'avoir été dessinée par Jean Gessalin auteur de la première Alpine A106 et A108 2+2 et d'être produite chez CG (Chappe et Gessalin) spécialiste de la carrosserie en composite. On se rappelle que CG lança sa propre marque fin 1966 sur base Simca 1000.
La GT4 était plus longue que la Berlinette (4,05m), un peu plus large et surtout plus haute de 12 cm (1,25 m) ce qui n'en fait pas pour autant une grande voiture lorsqu'on doit s'incruster à bord. Elle reprenait le concept de la poutre centrale sur un empattement porté à 2,25m, afin d'accueillir deux honnêtes places à l'arrière. Avec moins de 700 kilos, elle restait un poids plume.
La GT4 reprenait de nombreuses pièces de Renault notamment le pare-brise de la Floride. Elle est chaussée en 13 pouces en alliage contre 15 en tôle de série
Sa vaste lunette arrière en composite autorisait un pavillon plus vaste permettant une meilleure accessibilité
On reconnait la même instrumentation de la Berlinette que Bernard a dû faire refaire, car tout était bloqué
12 couches de peinture !
Bernard détaille les photos des phases de sa restauration qui a exigé deux longues années. "Seul le châssis avait été restauré, tout le reste était rouillé et dans l'habitacle, il ne restait que le siège passager ! J'ai passé plusieurs semaines à la poncer en comptant 12 couches de peintures différentes. Beaucoup de pièces n'étaient pas d'origine comme son moteur mort qui a été refait. Ce n'était pas un 1108 cm3 mais un R12 TS 1289 cm3 de 60 ch. Impossible de trouver un pare-choc avant en alu spécifique à la GT4. C'est MK Composite qui m'a moulé un pare-choc en polyester. Beaucoup de pièces n'étaient pas d'origine et hélas, je n'ai pas eu beaucoup d'aide des rares possesseurs de GT4 pour tenter de la remettre comme en 1967, date de sa sortie. J'ai été beaucoup aidé par des copains et heureusement trouvé "Anaïsellerie" à Sanguinet qui a été formidable. Elle a entièrement refait la sellerie alors que j'ai dû reconstruire l'armature disparue du siège conducteur. J'ai passé plusieurs centaines d'heures à la restaurer ! ".
Fin pilote, Bernard a couru en Rallycross avec succès avec une Renault 5 très affutée qu'il avait transformée en 4 roues motrices
Le 1108 cm3 d'origine a laissé sa place à une 1289 cm3 toujours monté en porte-à faux délivrant la même puissance de 60 ch DIN
On reconnait les feux arrière de la Renault 8. Le pot Abarth lui apporte une belle sonorité
Joli son
Comme la Berlinette, elle était proposée avec plusieurs mécaniques au choix mais vu sa vocation familiale, elle fut surtout motorisée avec le 1108 cm3 légèrement préparée (66/70 ch SAE). La GT4 était vendue le même prix qu'une Berlinette 1100 70 ch, soit 18 000 francs en 1967 (deux fois le prix d'une Peugeot 204) somme à laquelle il fallait ajouter une épaisse liste d'options, la GT4 n'avait pas son charme. Dès 1967, elle fut très concurrencée par la nouvelle Matra 530 aussi habitable, plus moderne, plus puissante et moins chère.
En route, son petit Cléon Fonte jappe un joli son à travers son pot Abarth "J'aime son bruit. Coté pilotage, j'apprécie sa maniabilité et ses réactions proches de celles d'une Berlinette. J'ai eu plaisir à faire revivre cette voiture que j'ai appris à aimer. J'en suis tombé amoureux !" conclue notre passionné qui mérite le respect pour son travail sur cette quasi-épave.
La sellerie intérieure a été entièrement refaite de même que les panneaux de portes. La GT4 accueillait deux places de secours
Sous le capot avant, la roue de secours. Sur cette version le radiateur est à l'arrière
La Sauterelle !
Le règlement des sixties autorisait des modifications de carrosserie sur la catégorie GT produite à 100 exemplaires. D'où en 1965, l'idée folle d'engager une GT4 aux 24 Heures du Mans, recouverte de la carrosserie des prototypes M64 à moteur central. Elle conservait évidemment l'architecture de celle de série notamment son moteur en porte à faux arrière et sa suspension de Renault 8 et son essieu brisé à l'arrière. Sa tenue de route bien inférieure aux vrais M64 lui valut le surnom de " La Sauterelle" ce qui veut bien dire ce que ça veut dire.
Voiture qui courut deux ans en catégorie GT dont l'originale a été retrouvée assez récemment. Elle était animée par le moteur de la R8 Gordini en 1108 cm3 ou 1296 préparé par Mignotet. Le regretté Patrick Depailler qui l'avait pilotée m'avait expliqué que ses chronos n'étaient pas ridicules face aux protos M64. Elle était seulement plus lente d'environ du 30 secondes au tour malgré sa tenue de route très inférieure. Il m'en avait aussi expliqué les raisons. Son moteur culbuté préparé par Mignotet devait développer certainement autant de chevaux voire davantage que le double-arbre 1150 cm3 de Gordini toujours très optimiste à cet égard. Mais c'est une autre histoire....
La plaque du carrossier Chappe rappelle qu'il construisait la GT4
Bernard a passé plusieurs semaines à décaper les 12 couches de peintures qui recouvraient sa carrosserie
Alpine avait coiffé la GT4 de la caisse du proto M64 qui offrait le même empattement en conservant les roues de 15 pouces de série

L’avis des Petits Observateurs
Soyez le premier a commenter
Se connecter ou s'inscrire pour poster un commentaire